L’hydrogène, une énergie verte ?
Nos décideurs dont le sens scientifique critique parait restreint, nous bassinent avec l’hydrogène, énergie « propre » d’avenir, qu’en est-il réellement ?
En 2021, Emmanuel Macron fanfaronnait sur Twitter : « Avec le plan #France2030, nous allons investir près de 2 milliards d’euros pour développer l’hydrogène vert. C’est une bataille pour l’écologie, pour l’emploi, pour la souveraineté de notre pays que nous allons mener ». Que sont devenus ces 2 milliards ?
En fait, 95 % de l’hydrogène disponible actuellement est produit à partir de gaz naturel (par vaporeformage de méthane). En clair, cet hydrogène n’est rien d’autre qu’une énergie… fossile.
Certes, de l’hydrogène, il y en a partout autour de nous, en particulier dans l’eau. Mais pour l’en extraire, il faut procéder à l’électrolyse de l’eau, opération qui consomme énormément d’électricité avec un rendement de l’ordre de 70 %. Ensuite, il faut transformer cet hydrogène en électricité, via une pile à combustible dont le rendement peut être entre 30 et 70 %. Disons 50 %.
Faisons le calcul : 1 x 0,7 x 0,5 = 0,35. En clair : les deux tiers de l’électricité dépensés pour l’électrolyse sont perdus.
Et que dire de la très petite taille des atomes d’hydrogène qui rendent difficile son stockage tant il peut traverser les parois de réservoirs ; aussi faut-il le maintenir à l’état liquide, à -253 °C : bonjour la consommation électrique du congélo !
Ce fut une annonce discrète. Vendredi 7 février, Airbus faisait savoir en catimini qu’il « suspendait » la mise au point de son avion à hydrogène… Trop compliqué, trop long, trop incertain, trop cher… De leur côté, les fabricants de véhicules utilitaires terrestres à hydrogène, trains, bus ou camions, sont eux aussi à la peine. Trop compliqué, trop long, trop incertain, trop cher…
Ainsi la religion de l’hydrogène fait partie de ces baudruches technologiques qui éclatent à intervalle régulier. Elles n’ont pour intérêt que de conduire à un ruineux gaspillage d’argent public, et surtout de temps : alors que l’urgence écologique commande d’amorcer sans attendre de vigoureuses bifurcations dans nos modes de production et de consommation, ces vessies bouffies d’hydrogène qu’on nous vend pour des lanternes servent avant tout à donner l’illusion que des tours de passe-passe technologiques permettraient de ne rien changer.
d’après cet article : https://infonature.media/edito/2025/12/la-baudruche-dairbus/
Pierre Péguin