Cancers et maladies se multiplient,  la quasi « épidémie » de cancers et autres graves maladies met en cause le modèle de production agricole intensif dominant, et celui de la consommation imposé par la grande distribution de produits alimentaires. La production agricole paysanne est la seule à proposer des produits plus sains, tout en préservant l’environnement.

La politique agricole européenne, et celle de l’État impulsée par la FNSEA et l’agro-industrie, reviennent essentiellement à favoriser la concentration des grandes « exploitations » intensives, au détriment des plus petites qui  fournissent aux habitants de leur région des produits plus sains en respectant mieux leur environnement. Malheureusement partout le nombre de paysans recule et la loi d’orientation agricole, la loi Duplomb, tout comme les accords du Mercosur aggravent leur situation.
Quant à la grande distribution, elle propose  :

– Des produits de l’agriculture intensive, souvent ultra-transformés par l’industrie agro-alimentaire, riches en sel, sucre et corps gras. Ce n’est pas ce qu’il y a de mieux pour la santé des consommateurs qui se rabattent sur les produits les moins chers,
– Des produits bénéficiant du label biologique AB, mais plus chers avec une marge plus importante en considérant que cela s’adresse à une clientèle aisée,   bien qu’ils soient le plus souvent issus d’agriculture intensive et de transformation quasi industrielle.

Ainsi  tout cela contribue à la disparition progressive des paysans et petites fermes, devons-nous l’accepter ?

Que ce soit l’agriculture de moyenne montagne des Corbières aux Cévennes, celles de piémont ou de garrigue qui entretiennent nature et paysages façonnés par les habitants depuis si longtemps, ne doivent-elles pas absolument être soutenues ? Ce sont les paysans qui s’obstinent dans leur beau mais difficile métier qui entretiennent la fertilité des sols par des pratiques respectueuses favorisant la diversité végétale et animale.

De plus on sait maintenant que l’agriculture intensive et les élevages quasi-industriels, basés sur l’utilisation des pesticides de synthèse et intrants chimiques, font des dégâts sanitaires et environnementaux qu’il est de plus en plus difficile de cacher.
Bien sûr il y a d’autres sources nocives de pollution, telle que les contaminations radioactives responsables de maladies de la thyroïde, de leucémies et autres pathologies, mais la chimie reste un facteur important de la dégradation de la santé, particulièrement la chimie dans l’agriculture, et aussi en microparticules qui envahissent nos organismes.


Les pesticides, dont les polluants éternels et les perturbateurs endocriniens, contaminent tout l’environnement ; on les retrouve dans l’air, dans l’eau, jusque dans les massifs montagneux et même aux pôles, et bien sûr, dans notre alimentation. Etant destinés à détruire des organismes vivants, il est maintenant bien avéré qu’ils ont une grande responsabilité sur la détérioration de la santé humaine.

Coïncidant avec l’utilisation croissante de traitements chimiques en agriculture, on assiste depuis les années 70 à une augmentation croissante de cancers et de maladies lourdes (leucémies, diabètes, cardiovasculaires, Parkinson, Alzheimer, etc…). Cela paraît s’aggraver pour tous les âges de la vie, même les jeunes sont maintenant touchés. Sont particulièrement exposés les bébés à naître sensibles aux effets des toxiques, les jeunes enfants encore fragiles, les riverains des cultures traitées, les agriculteurs et autres professionnels manipulant ces produits dans leur travail, et bien sûr les consommateurs.
On constate aussi la baisse de la fertilité humaine, de nombreux couples peinant à avoir des enfants quand ils le désirent.

Dans le même temps notre environnement est de plus en plus détérioré, insectes et oiseaux se font rares. Les sols s’appauvrissent et la vie qui faisait leur richesse se dégrade, ils n’absorbent plus l’eau de pluie, celle-ci ruisselle et les ravine ; sans vie, ils ne stockent plus le gaz carbonique ce qui contribue au bouleversement climatique.

Face à ces problèmes les consommateurs peuvent choisir les produits de l’agriculture paysanne et locale, moins nuisibles. La santé est sans aucun doute l’une des principales motivations pour cela. Les aliments biologiques sont généralement plus riches en nutriments essentiels. Des études ont montré qu’ils contiennent davantage de vitamines, de minéraux et d’antioxydants que leurs équivalents conventionnels.

De plus les pratiques culturales des agriculteurs biologiques préservent la vie du sol et  entretiennent leur fertilité dont dépend la survie humaine ; quant à leurs élevages sans antibiotiques ni traitements chimiques, ils respectent mieux la vie naturelle des troupeaux et même celle des abeilles. Cela a des répercussions positives sur l’environnement, c’est plus de papillons, d’oiseaux, de vie sauvage, c’est préserver la qualité de l’eau de nos sources,

La première garantie de base est le label AB français ou le logo européen « eurofeuille », les producteurs ainsi labellisés sont très présent en Languedoc et Provence. Quant aux mentions associatives elles garantissent une plus grande qualité de travail et la prise en compte des dégâts écologiques : « Nature et Progrès » qui associe consommateurs et producteurs dans un travail permanent de contrôle et de  perfectionnement, et « Demeter » qui promeut la biodynamie avec une attention particulière aux cycles naturels.

La FAO a estimé que l’agriculture biologique est à même de nourrir toute la planète, et de limiter les dégâts du bouleversement climatique en préservant la capacité  des sols à absorber le gaz carbonique, et l’eau de pluie ce qui limite le ravinement. Actuellement une bonne partie des sols de la planète sont déjà dégradés, épuisés, asphyxiés, sans vie.

Mais attention, tout n’est pas parfait dans le monde de la bio.

Tout d’abord le label AB n’exclut pas les productions agro-industrielles qu’on retrouve dans les grandes surfaces, respectant à minima les critères biologiques. Les agro-industriels savent faire de l’intensif sans pesticides. Reconnaissons que leurs productions adaptées à la grande distribution sont « moins pires » que celles de l’agriculture chimique dominante, mais au détriment de normes sociales et écologiques en concurrence avec les paysans (citons par exemple les haricots d’Afrique Noire importés par avion hors saison).

Et face à la bio, il y a aussi les contrefaçons qui prétendent avoir les mêmes qualités comme «l’Agriculture raisonnée » qui ne garantit rien d’autres que l’utilisation de pesticides de synthèse et d’engrais chimiques « raisonnablement », mais qu’est-ce que cela veut dire!
Quant aux garanties d’origine de terroir comme  oignons, pélardons ou miel « des Cévennes », elles donnent l’origine géographique, c’est déjà utile, mais rien sur les méthodes de culture ou d’élevage. 

Biologiques ou pas, nous avons donc à privilégier pour notre alimentation les productions locales (accessibles sur les marchés, aux  points de vente tenus par les producteurs, etc.). C’est toujours  mieux pour nous et notre environnement. Ce sont les seules à même de nourrir correctement toute l’humanité, de préserver la biodiversité, de restaurer les terres dégradées par l’agriculture intensive et la chimie.
Et même s’ils sont un peu plus chers car demandant plus de travail, consommons les produits biologiques
de plus en plus présents sur les marchés et bien sûr dans les Biocoop ou magasins spécialisés, au bénéfice de notre santé et de celle de la nature.

Enfin, alors que les villes ne disposent que de 3 jours d’autonomie alimentaire, celle-ci peut être plus importante dans nos campagnes, à condition d’y maintenir l’activité agricole paysanne, et pour cela elle a besoin de notre soutien.

Annie et Pierre Péguin